Rando : Visite du Monastère de l’Oelenberg à Reiningue (68) et circuit autour du Monastère

21 MAI 2026
Accompagnateur: Robert ROSSIN
Temps : temps ensoleillé agréable, voire un peu chaud
Marche de 11,5 km, Dénivelé : 100 m, Durée : départ 9 h 15 pour la journée qui commence par la visite du monastère
Participants : 20
Visite très intéressante du Monastère : sa chapelle, le cloître, la chapelle St Léon IX, la bibliothèque, les cellules des moines, l’huilerie (voir le résumé de l’histoire ci-après). Merci aux excellents guides Deborah et Louis.
Il est temps de penser au repas que nous prenons dans la cour du Monastère. Nous avons trouvé un tel havre de calme qu’il est difficile de partir pour l’escapade de l’après-midi.
Reiningue est un bourg de type rural de 1 900 habitants qui a été très endommagé par les bombardements des deux dernières guerres. Nous contournons le monastère, longeons son verger. Nous passons sur le Baerenbach qui, avec une dérivation de la Doller voisine, alimentait en eau le moulin à farine et l’huilerie à l’origine. Nous apercevons Schweighouse-Thann mais, avant de traverser ce bourg rural de 750 habitants, nous traversons la plaine qui se prépare à la culture du maïs et des betteraves à sucre.
La forêt nous attend, offrant un peu d’ombre. Maintenant nous allons aborder la longue traversée de Schweighouse.
Le retour au parking s’effectue sans difficulté par la plaine. Un passage au magasin monastique s’impose pour des emplettes de produits locaux ou provenant d’autres institutions.
Texte : Robert ROSSIN
Photos : René VERMOT DESROCHES
* * *
L’histoire de l’abbaye OELENGERG
1046 Heilwige de Dabo, comtesse d’Eguisheim, mère du pape Léon IX, fonda sur la colline (Berg), le long d’un cours d’eau (Oelen), un prieuré de chanoines réguliers de Saint Augustin, probablement pour le repos de l’âme de son fils Gérard, mort tragiquement au cours d’une querelle avec le comte de Ribeaupierre.
1049 Le Pape Saint Léon IX consacre lui-même la chapelle qui aujourd’hui porte son nom, la chapelle Saint-Léon IX.
1789 A la Révolution, les bâtiments de l’abbaye furent confisqués et vendus à un industriel mulhousien.
1821 Revendu en 1821 à un prêtre, l’ex-monastère devint alors un pensionnat de jeunes filles.
1825 Il retourne aux mains d’un groupe important de moines cisterciens communément appelés « trappistes », de retour d’exil. Ils venaient de Darfeld, en Westphalie, où ils avaient trouvé un refuge provisoire après bien des pérégrinations. Une communauté de sœurs trappistines les rejoignit et y demeura jusqu’en 1895 d’où elles partirent s’établir à Ergersheim, non loin de Strasbourg (abbaye Notre-Dame d’Altbronn).
1846 Les moines mirent en exploitation le domaine agricole. Ils connurent des moments difficiles : famine en 1846, incendies, épidémies. Pourtant la prospérité du monastère ira grandissant. Une intense activité y régnait. Outre la ferme et le moulin, il y avait une brasserie, une fromagerie, une boulangerie, une imprimerie ; presque tous les métiers y étaient représentés.
1862 Dom Ephrem Van der Meulen, abbé de 1850 à 1884, constitua une riche bibliothèque. Œlenberg fonda un monastère en Allemagne, au diocèse d’Aix-la-Chapelle en 1862 : Mariawald, près d’Heimbach.
Début XXème L’abbaye comptait 200 moines : 80 prêtres et 120 frères convers. Œlenberg était alors un centre religieux, intellectuel et économique très renommé. La 1ère guerre mondiale allait anéantir tout cet essor : les bâtiments furent bombardés et les moines durent se disperser. La reconstruction fut difficile.
1944-45 Œlenberg connut une seconde destruction en 1944-45, aussi importante que la précédente. Le diocèse de Strasbourg et ses fidèles contribuèrent généreusement à la reconstruction, tandis que des moines venus de Zundert (Pays-Bas) vinrent épauler la communauté très éprouvée qui reprit vie et espoir. Une nouvelle étape s’ouvrait alors.
1946 à 1952 Reconstruction des bâtiments et de l’église après les destructions. Reprise et développement des activités, commercialisation de la farine fabriquée au moulin des moines d’Oelenberg.
1993 Construction d’un laboratoire de fabrication de pâtes et gâteaux et d’un magasin de vente de produits monastiques.
2015 Rayonnement de la communauté et arrivée de vocations monastiques. Développement des activités agricoles, de meunerie, de fabrication et de vente. Les activités font partie intégrante du tissu d’emplois et d’économique locale. Les produits des moines se diffusent dans toute la France et dans de nombreux commerces alsaciens.
2021 La communauté des moines d’Oelenberg entreprend un grand projet de préservation et rénovation du patrimoine qui va durer plusieurs années.
2022 Les moines ouvrent une boutique en ligne pour y vendre tous les produits présents dans le magasin (des produits monastiques et des produits locaux alsaciens) dans la France entière.
2024 Après plus de 18 mois de réflexion, la communauté, devenue très fragile, décide de quitter le monastère et d’aller vivre dans d’autres abbayes et d’apporter leur aide à d’autres communautés de l’ordre trappiste. Les laïcs salariés prennent en charge l’entretien du site, du patrimoine et gèrent la SAS Abbaye d’Oelenberg.
Février 2025 Le nouveau logo « Service Monastique » pour les activités est lancé. La priorité est le développement de l’entreprise au service des abbayes de tous Ordres. La Commission de l’Ordre Trappiste travaille sur la reconversion du patrimoine que représente l’Abbaye d’Oelenberg.
Création de la deuxième filiale : Domaine Oelenberg qui a pour rôle de construire l’avenir du site. Elle a la charge de tout ce qui est hors Service Monastique Oelenberg qui continue à travailler pour l’écosystème monastique.
Définition de l’organisation à trois entités : L’association Oelenberg reste propriétaire du patrimoine et des deux filiales à 100 % – Les moines trappistes restent à la gouvernance de l’Association.
L’agriculture
A l’Abbaye Notre-Dame
d’Oelenberg, tout commence dans les champs.
L’Abbaye possède 150 hectares dont 85 hectares de culture. Nous y cultivons du
blé, du colza, du maïs, des pommes de terre et des lentilles.
Nous récoltons environ 300 tonnes de blé chaque année, intégralement utilisées
pour fabriquer notre farine.
Le maïs est racheté en totalité par un négoce de produits agricoles alsacien.
Une partie du colza est utilisée à la production de notre propre huile de
colza. L’autre partie est vendue à un négoce alsacien.
Chaque année, nous récoltons environ 70 tonnes de pommes de terre de diverses
variétés que nous vendons principalement au magasin en filets de 10 kg.
Les lentilles sont une nouveauté agricole depuis 2022. La production est vendue
en totalité au magasin monastique de l’abbaye.
Toutes nos cultures se font en agriculture raisonnée. Cela signifie que nous cherchons à traiter au minimum et nous trouvons des solutions alternatives aux produits phytosanitaires pour protéger nos cultures. Nous luttons par exemple contre la pyrale du maïs grâce aux trichogrammes. Les trichogrammes sont des minuscules insectes. Avec l’aide d’un drone, nous lâchons des petites capsules en papier mâché contenant ces trichogrammes. Ils vont aller pondre directement dans les œufs de pyrale et les larves pourront se nourrir des œufs du ravageur. Nos cultures sont ainsi protégées et la planète est préservée.
Notre agriculteur, qui s’est occupé des terres durant plus de 40 ans, a pris une retraite bien méritée ! Nous avons confié la culture des céréales, pommes de terre et lentilles à son fils, jeune agriculteur à Reiningue « Exploitation Thomas DIETSCH ». Il travaille dans la continuité de son père, en intégrant les innovations culturales vertueuses.
Le Magasin
D’une surface de 300 m2, il propose 3 000 références de produits de secteurs variés : produits de fabrication Oelenberg, alimentation, compléments alimentaires, bien-être, cosmétiques, cave à vins et spiritueux, bières, librairie, carterie, objets de piété, maison et entretien… Des farines d’exception, des nouilles artisanales aux œufs frais, des biscuits et meringues croustillantes !
Aujourd’hui, ce sont 17 salariés qui veillent à l’entretien de l’abbaye et qui gèrent les ateliers de fabrication d’incroyables meringues, de pâtes artisanales, de petits fours, cakes et tartes de Linz. Le tout avec la très réputée farine de l’abbaye produite avec les cultures de blé de l’abbaye. Depuis 2022, de l’huile de colza est pressée à froid au sein de l’abbaye et des lentilles sont cultivées sur ses terres.
Rendez-vous pour la prochaine randonnée :
2 juin 2026 à 9 h 15
Parking de la Cendrée – La Combe Saint Pierre – Charquemont (25140)
Circuit : les Belvédères de Vaudrey Charquemont
– Départ 9 h 30
– Durée : la journée (repas tiré du sac)
– Marche de 12 km
– Dénivelé : 350 m
Accompagnateur : René VERMOT DESROCHES